Un ennemi du corps silencieux: la perméabilité intestinale ou dysbiose

21/11/19
Un ennemi du corps silencieux: la perméabilité intestinale ou dysbiose

Autre ennemi de votre corps, qui évolue de manière silencieuse et dont les quelques symptômes ne sont que très rarement pris en considération, la dysbiose intestinale ou perméabilité membranaire fait des ravages.

Qu’est-ce que c’est? C’est un mécanisme pathologique qui est en lien avec l’encrassement du corps. C’est sa version concrète, c’est-à-dire qu’elle permet de voir les symptômes de l’encrassement du corps. Elle est le pire ennemi de tout ce que je vous ai expliqué jusqu’à maintenant. Elle touche les intestins, ce qui veut dire que si vos intestins ne fonctionnent pas correctement, il y a en permanence une inflammation dans votre ventre, votre diaphragme ne peut pas gérer correctement ses appuis sur les viscères et donc il ne peut pas remplir son travail de gestion des émotions ou de gestion de votre environnement physique. On commence à entendre dire que le ventre est le deuxième cerveau et vous avez compris qu’il est aussi le point central qui vous permet de tenir debout, de vous déplacer et de vivre tout simplement.
La dysbiose pour faire simple, c’est la paroi de l’intestin qui s’abîme et qui laisse passer dans le corps des produits qui ne devraient jamais traverser cette barrière. Cette perméabilité intestinale favorise l’intoxication du corps et l’activation permanente du système immunitaire qui devient ultra-réactif et hyper susceptible favorisant l’apparition de phénomènes allergiques ou de maladies auto-immunes.
Il vous est possible de vous faire une première idée sur la présence d’une dysbiose dans vos intestins grâce à une simple prise de sang qui mesure vos taux de vitamines B9 et B12. Il semblerait que si votre taux de B12 est bas (En dessous de 800 ng/L) et que votre taux de B9 est élevé (Au dessus de 400 ug/l) une dysbiose est très probable.

La dysbiose est un phénomène évolutif. Au début vous ne vous rendrez compte de rien, mais suite à des modifications de niveaux d’acidité des bactéries de putréfaction vont se développer coloniser petit à petit vos intestins. Elles deviennent en surnombre, et déstabilisent la flore intestinale. Ce sont ces bactéries qui sécrètent beaucoup de vitamines B9, d’où l’augmentation de son taux dans vos analyses. Le milieu intestinal s’altère de plus en plus et des irritations des muqueuses digestives apparaissent. Vous pouvez ressentir parfois des ballonnements et des inconforts digestifs mais peu d’autres signes. Les irritations des muqueuses commencent à altérer l’assimilation de la vitamine B12 ce qui peut expliquer le taux bas dans la dysbiose. Un taux bas de vitamine B12 peut provenir d’autres facteurs car l’assimilation de cette vitamine est complexe et nécessite une vraie chaîne industrielle dans votre système digestif pour être désolidarisée des protéines alimentaires, transportée vers l’intestin grêle où elle va être assimilée grâce à la synergie des enzymes pancréatiques, du facteur intrinsèque stomacal et au calcium provenant de votre alimentation.
Vos intestins prennent la direction lentement mais sûrement du syndrome du colon irritable. Là, vous commencez à réaliser que quelque chose ne fonctionne plus bien dans votre ventre. Vous alternez entre la diarrhée et la constipation. Vous avez des crampes et des spasmes dans le ventre. Il gonfle, ballonne et il peut y avoir un reflux gastrique acide associé. Dans 10% des cas il n’existe encore aucun signe à ce stade. Mais si vous regardez autour de vous et que vous demandez aux gens s’ils souffrent de tous ces signes, vous serez surpris de voir que nombreux sont ceux qui sont inconfortables avec leur ventre, qui prennent des médicaments pour soulager leurs troubles mais qui n’ont aucunement conscience de la gravité de ce qui se prépare dans leurs intestins.
Comme les intestins se trouvent dans le péritoine et que celui-ci est intimement collé à la colonne vertébrale, dès qu’il y a de l’inflammation dans les intestins, cette inflammation se propage au niveau du dos et des tendons des muscles fléchisseurs de hanche (muscles psoas-psoas-iliaque de la chaîne de flexion) qui s’accrochent aussi dans le dos. C’est pour cela que 60 à 70% des douleurs de dos trouvent une origine dans le ventre.
Quand aucun travail de fond n’est mis en place pour traiter l’intestin, c’est-à-dire que seuls les symptômes ont été traités avec des anti-spasmodiques ou des anti-acides, l’état déplorable de l’intestin s’aggrave avec la libération de cytokines au niveau de la paroi intestinale. Les cytokines sont une sorte de moyen de communication, un langage entre les différentes cellules de l’organisme. Ces cytokines sont produites en réponse à des antigènes présents à la surface d’organismes étrangers ou des molécules considérées comme étrangères par le système immunitaire. Elles stimulent la croissance et la différenciation des lymphocytes et activent l’inflammation.
Cette inflammation est un processus de défense indispensable, mais il expose la paroi de vos intestins à des dommages tissulaires, et peut menacer les espoirs de bonne santé, quand la production des cytokines et de leurs effecteurs est excessive ou prolongée.
A ce stade, c’est la sensation de fatigue qui vous alerte le plus. Vous être fatigué dès le matin au réveil avec une envie de ne rien faire qui pourrait même être étiquetée comme un début de dépression par des thérapeutes non avertis. Il y a parfois des prises de poids associées, des problèmes cutanés, des pertes de cheveux et des douleurs articulaires ou musculaires diffuses commencent à apparaitre à droite et à gauche. Vous avez le sentiment que vous vieillissez à vue d’oeil et que votre corps est compliqué à mouvoir? Tout est trop haut, trop bas, trop loin, trop compliqué.
Vos cellules commencent à souffrir de ce régime car les difficultés d’assimilation, les processus inflammatoires, le stress oxydatif généré perturbent le bon fonctionnement cellulaire.
Vos cellules pour être heureuses doivent être comblées. C’est-à-dire que sur leur pourtour, au niveau de leur membrane, il existe de nombreuses petites portes par lesquelles passent soient des nutriments, soient des enzymes, soient des hormones. Ces petites portes sont des récepteurs aux différents produits. Si vos cellules manquent de vitamine B12, de sélénium, de zinc, de magnésium, de vitamine A et D et d’oméga 3, de progestérone, etc, elles sont totalement frustrées car ces récepteurs sont bloqués. Alors c’est votre corps tout entier qui prend le chemin de la mauvaise santé. En plus, les phtalates (pollution chimique provenant des plastiques et des fixateurs en cosmétique), les métaux lourds (mercure, plomb, cadmium) viennent squatter en partie ces récepteurs cellulaires ce qui intensifie les effets de la dysbiose. A ce stade de la dysbiose les récepteurs cellulaires sont en partie bloqués par les cytokines. Aussi, l’insuline, la testostérone, la progestérone, les oestrogènes, etc, n’arrivent plus à informer vos cellules. Ce qui veut dire que le corps subit déjà des symptômes de déséquilibres hormonaux même si le taux hormonal circulant dans votre sang est juste. La cellule ne peut simplement pas en bénéficier à cause des produits générés par vos intestins en souffrance. Au moment de la ménopause tous ces phénomènes s’aggravent encore plus, et la plupart des femmes vivent cette période comme le début de leur mauvaise santé. C’est pourquoi il est très fréquent pour ces femmes de ne pas trouver de réconfort car on met sur le dos de leur ménopause les symptômes de leur dysbiose intestinale que personne ne pense à traiter ou qui est parfois tout simplement niée car pour beaucoup de thérapeutes la dysbiose c’est dans la tête.
Tous ces mécanismes d’altération de la membrane intestinale favorisent la perméabilité de la paroi qui laisse entrer dans le corps des substances qui ne devraient pas, pendant que d’autres substances utiles et nécessaires ne peuvent plus être absorbées correctement.
Au stade le plus avancé, apparaissent des phénomènes d’hyper-allergie. C’est la fonction immunitaire qui est totalement débordée. Vous commencez à avoir des allergies alors que vous n’en aviez aucune. Il y a des aliments qui ne vous conviennent plus et vous ne savez plus quoi manger. Vous comprenez maintenant que cela ne vous est pas « tombé dessus comme ça! ». C’est la conséquence d’un phénomène qui a évolué lentement au coeur de vos intestins. C’est à ce stade aussi que votre médecin vous annonce que vous souffrez d’une maladie auto-immune ou invalidante. (Thyroïdite, polyarthrite, Sclérose en plaque, Lupus, Vitiligo, Diabète, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique…)

L’hypothyroïdie peut être une cause de la dysbiose car elle crée un ralentissement du péristaltisme (mouvement des intestins) qui favorise les déséquilibres de putréfaction et de fermentation dans les intestins.
Les intolérances alimentaires non respectées, les excès d’alcool, la prise d’anti-acides, la maltraitance de votre flore intestinale par une alimentation carencée, la prise d’antibiotique ou le stress et l’utilisation des édulcorants (light et zéro) favorisent l’apparition d’une dysbiose.
Une attaque de bactéries ou de levures dans vos intestins peut être générateur de dysbiose. La levure la plus connue pour cela est le candida albicans mais il y en a d’autres. Un test urinaire fait par un laboratoire spécialisé pourra vous confirmer la présence d’hôtes indésirables et toxiques dans vos intestins. Un traitement puissant et strictement suivi à vie sera nécessaire pour vous en débarrasser.

La dysbiose intestinale se traite. Le plus compliqué est de trouver des thérapeutes informés qui pourront vous accompagner dans ce traitement. Une fois les bactéries nocives éliminées, les troubles de la thyroïde traités, l’alimentation corrigée et l’hygiène de vie améliorée, la prise de compléments alimentaires ciblés tout au long de la vie est à mon sens nécessaire.

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